Mangeons de la sacchorize, de la clovisse ou de la tanche ! La Fourchette bleue à la rescousse de la biodiversité

Mangeons de la sacchorize, de la clovisse ou de la tanche ! La Fourchette bleue à la rescousse de la biodiversité

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Mangeons du quoi ? Un indice : leur adresse est le fleuve Saint-Laurent.

Et oui, sous ces dénominations quelque peu inhabituelles et étonnantes se cachent en réalité des espèces marines comestibles, à une portée de fourchette, qui gagnent à être connues !

La majorité du poisson que nous consommons aujourd’hui provient de l’étranger, parfois de très loin, et de l’élevage. C’est une aberration à la fois écologique, géographique, économique, nutritionnelle et culturelle.

Notre consommation de poisson est une aberration à la fois écologique, géographique, économique, nutritionnelle et culturelle.

Les eaux d’ici ou de l’Est du Canada sont riches en espèces sauvages délicieuses. Par exemple, 90 espèces comestibles élisent domicile dans le Saint-Laurent. Néanmoins, nous n’en connaissons en moyenne que 6 (comme le crabe, la crevette ou le homard).

Le chemin difficile des produits du Saint-Laurent jusqu’à nos assiettes

Le consommateur québécois est plus friand de viande rouge que de poisson. C’est en partie une histoire de goût. C’est aussi dû à des facteurs historiques, culturels ou technologiques. Mais c’est aussi une question d’accessibilité de la ressource.

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 Siphon de la mactre de Stimpson

Les chiffres de la commercialisation des espèces maritimes au Québec sont étonnants, pour ne pas dire choquants. En 2017, concernant les produits de la mer, le Québec a :

  • Exporté : ± 26 000 tonnes pour une valeur de ± 460 millions (17 692$/tonne) ;
  • Importé : ± 51 500 tonnes pour une valeur de ± 528 millions (10 252$/tonne). (source : Exploramer)

Certains produits de la mer sont même exportés directement, sans que le consommateur québécois puisse y goûter. C’est le cas du crabe commun, dont 100% de la production est exportée directement en Asie et aux USA, les deux importateurs principaux des produits maritimes québécois.

Cela laisse peu de chance au consommateur local de découvrir et diversifier son alimentation marine.

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Sébaste

Quant à l’importation, la plupart des espèces importées proviennent de l’élevage, qui pose une menace sérieuse pour l’environnement, les écosystèmes, et les humains. Alors même que le Québec regorge de poissons sauvages, à la chair ferme et goûteuse.

Au Québec, on exporte du haut de gamme et on importe du bas de gamme.

Sandra Gauthier, directrice d’Exploramer et fondatrice de la Fourchette bleue

Nous avons la chance au Québec d’être dans une province maritime, avec des ressources marines de grande qualité à portée de main. Encore faut-il savoir comment les valoriser, et y accéder.

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Pieds de mactre de Stimpson

C’est la mission que s’est donnée Exploramer, institution muséale gaspésienne, en créant la certification Fourchette bleue il y a maintenant 10 ans.

La Fourchette bleue : une certification pour une saine gestion des ressources marines

La fourchette bleue a été créée en 2009 dans une perspective de développement durable et de protection de la biodiversité. Au départ limitée à la Gaspésie, elle s’est depuis étendue à l’ensemble du Québec.

Cette certification de pêche durable encourage les professionnels (pêcheurs, poissonniers, restaurateurs) à valoriser les produits marins locaux, et invite les consommateurs à découvrir ces nouvelles saveurs.

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Flétan de l’Atlantique

En pratique, la Fourchette bleue publie chaque année une liste d’espèces marines du Saint-Laurent à valoriser pour la saison de pêche, avec l’impératif de ne jamais mettre une espèce en danger. Cette liste est construite avec les recommandations de chercheurs et de biologistes marins, selon les critères suivants :

  • L’espèce est comestible
  • En quantité suffisante dans le Saint-Laurent
  • La technique de pêche est respectueuse des fonds marins
  • L’espèce a besoin d’un coup de pouce afin d’être mieux connue

En 2019, la liste est composée de 41 espèces de poissons, de fruits de mer, de mammifères marins et d’algues du Saint-Laurent.

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Si on réduit la pression sur les espèces traditionnelles en faisant découvrir des espèces comestibles, mais méconnues, on contribue au développement durable et à la protection de la biodiversité.

Sandra Gauthier, directrice d’Exploramer et fondatrice de la Fourchette bleue

On contribue aussi au soutien des pêcheurs locaux, qui disposent d’un marché élargi grâce à ces prises qui étaient autrefois considérées comme accidentelles.

Osons goûter !

Manger local et de qualité, ça ne s’applique pas qu’aux légumes mais aussi aux merveilleux produits de notre Saint-Laurent !

Le Québec a la chance d’être traversé par le fleuve Saint-Laurent, une formidable réserve de biodiversité, bouillonnante d’espèces diverses, et à haute qualité gustative et nutritionnelle. Manger des espèces marines de qualité provenant des eaux locales, et pêchées selon des méthodes durables, c’est aussi un moyen de s’engager pour défendre la biodiversité et l’économie locale.

Il ne nous reste plus qu’à partir à la recherche du logo Fourchette bleue dans nos restaurants et poissonneries ! On vous donne un coup de pouce, la liste est ici.

Pour les professionnels, il est aussi possible d’adhérer à la certification pour montrer son appui au mouvement.

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Source des photos de l'article : Exploramer

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