La pollution des rivières québécoises par l’agriculture conventionnelle

La pollution des rivières québécoises par l’agriculture conventionnelle

C’est l’histoire de poissons sauvages qui nagent librement dans une rivière québécoise. Sauf que dans quelques jours, ces poissons, encore en excellente santé, seront morts. La cause ? Non pas un prédateur, mais la pollution au chlorantraniliprole (ou communément appelé chloran).

Le chloran est un pesticide largement utilisé au Québec dans l’agriculture conventionnelle. Depuis plusieurs années, l’agriculture québécoise est en pleine mutation. Le nombre d’exploitations agricoles augmente, tout comme leur taille.

Cette évolution est extrêmement nocive pour l’environnement. Les engrais et pesticides sont d’abord responsables d’une pollution massive des sols. Par leur capacité d’infiltration, ils contaminent également les eaux souterraines ou externes (rivières, lacs, mer, …).

Le chloran fait partie des pesticides toxiques pour les cours d’eau. Il n’est pas le seul. Si nous insistons sur ce dernier, c’est pour relayer la pétition portée par la communauté SumOfUs. Il nous semble aujourd’hui essentiel, au vu des études démontrant la dangerosité du chloran, de faire entendre notre voix pour demander son interdiction.

D’un insecticide meurtrier à l’autre : la pollution au chloran par l’agriculture conventionnelle québécoise

Le chloran est un pesticide utilisé de plus en plus par les agriculteurs. S’il n’est pas nouveau (il était déjà utilisé en moindre mesure par les maraîchers pour le feuillage des légumes), son utilisation s’est élargie en 2016 pour un usage précis : l’enrobage de semences. Ceci pour les rendre résistantes aux insectes, nuisibles aux cultures. Il est désormais principalement utilisé dans les grandes cultures, comme celles du maïs et du soja. Ainsi, ce sont 1 demi-million d’acres qui sont aujourd’hui fertilisés par le chloran.

Cette molécule est approuvée par Santé Canada. Comme l’étaient les néonicotinoïdes, surnommés les pesticides « tueurs d’abeilles ». Une étude japonaise parue il y a quelques jours dans la revue Science démontre d’ailleurs que les néonicotinoïdes sont également mortels pour la vie aquatique.

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En raison de leur impact sur les pollinisateurs sauvages, leur utilisation est strictement réglementée depuis 2018. Elle est par exemple interdite en France (sous réserve de dérogations au cas par cas).

Au Québec, les néonicotinoïdes ne sont pas (encore) interdits, mais leur usage est devenu plus contraignant : désormais, tout agriculteur qui souhaitent utiliser des semences qui en contiennent doit obtenir une prescription signée par un agronome. Selon une agronome interrogée par Radio-Canada, cette contrainte décourage effectivement les agriculteurs, qui ont réduit le recours à ces pesticides particuliers.

A la place, les agriculteurs se tournent désormais vers le chloran, qui est censé être « plus doux » pour les pollinisateurs. Néanmoins, il est aussi un véritable poison, aux effets autant dévastateurs pour les écosystèmes !

Le chloran s’infiltre dans les rivières et se dissout facilement dans l’eau. Il est ensuite ingéré par les insectes aquatiques. Or, ces derniers sont une nourriture essentielle pour de nombreux organismes, comme les poissons, les grenouilles, mais aussi les oiseaux. Le chloran est donc pour eux un véritable danger.

Isabelle Giroux, chercheuse du Ministère de l’Environnement du Québec, pilote le programme de surveillance des pesticides dans l’eau québécoise. Les résultats qu’elle donne concernant la pollution au chloran sont extrêmement inquiétants :

  • 100% des rivières du Québec contiennent du chloran toxique
  • 13% des rivières sont déjà à des niveaux dangereux

Plus largement, la question de l’utilisation des pesticides en général se pose. Seules 4% des terres agricoles sont véritablement menacées par des insectes.

On est rendu à utiliser des semences insecticides de façon systématique, qu’il y ait ou non présence de ravageurs au champ. Cette approche est un désastre. 

Eric Lucas, chercheur au Département des Sciences Biologiques de l’UQAM, pour Radio-Canada

Signez la pétition et soutenons une agriculture locale responsable !

Il faut agir, et vite ! La biodiversité et la survie des écosystèmes est en jeu. Comment ?

  • Signons la pétition « Eau secours : STOP au poison dans nos rivières », portée par la communauté SumOfUs. Elle est adressée au Gouvernement du Québec, afin d’interdire l’utilisation du chloran dans nos champs et nos rivières. Grâce à la mobilisation de milliers de personnes l’année dernière, Santé Canada a décidé de restreindre considérablement l’utilisation des néonicotinoïdes. C’est une première victoire, mais nous ne devons pas nous arrêter là !
  • Soutenons activement une agriculture durable. Des méthodes alternatives aux pesticides pour lutter contre les nuisibles existent. Ainsi, nous oeuvrerons activement pour la planète, tout en soutenant nos agriculteurs et l’économie régionale. Accompagné du plaisir de manger des aliments de qualité et qui ont du goût !  

"Les rivières du Québec pourraient bientôt être remplies de poissons morts et le coupable est le chloran, un pesticide très toxique qui enrobe les semences de nos fermiers" (SumOfUs).
FAISONS ENTENDRE NOTRE DESACCORD EN SIGNANT LA PETITION.  

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